Épisode 88

Moi — Allô?

Simone — Salut c’est moi. Ça va?

Moi — Pas mal. Et toi?

Simone — Lou t’a montré la lettre de l’école avec la liste des effets scolaires à acheter?

Moi — Oui, j’ai vu ça.

Simone — Alors? On fait comme l’an dernier?

Moi — Si ça ne te dérange pas, je préfèrerais plutôt m’occuper moi-même des achats et te refiler ensuite les reçus pour qu’on règle nos comptes. La dernière fois, tu ne t’es pas trop donnée la peine de chercher les bonnes affaires et ça m’a coûté la peau des fesses.

Simone — C’est quand même moi qui paye les deux tiers des dépenses.

Moi — Parce que tu fais plus que deux fois mon revenu. On ne reviendra pas là-dessus, n’est-ce pas?

Simone — Comme tu veux. Essaie quand même de ne pas acheter des trucs cheaps qui fuckent après deux semaines. Ça, ça énerve.

Moi — Je vais faire attention. Et je vais aussi réutiliser au maximum le matériel de l’an dernier qui est encore bon, puisque le hasard a fait que c’est chez moi que Lou a déposé son sac en revenant de sa dernière journée d’école.

Simone — Meh.

Moi — Telle mère telle fille, décidément.

Simone — Quoi?

Moi — Rien.

Simone — Parlant de rien… Lou m’a raconté que tu étais retournée avec Elle, que tu es devenue la blonde de son chum et que vous formez maintenant un couple à trois. C’est bien ça?

Moi — On appelle ça une triade.

Simone — Whatever.

Moi — Par définition, un couple est formé de deux personnes.

Simone — Tu as le don de t’embarquer dans des trucs rocambolesques, han?

Moi — Ça semble plus bizarre que ça l’est en réalité.

Simone — Tu comptes emménager avec eux?

Moi — Non… Du moins pas pour le moment. Mon appart est près de chez toi et près de l’école, alors pour l’instant ça va rester comme ça.

Simone — Parfait. Ok bye, on se reparle…

Moi — Attends… J’aurais juste une petite chose à te demander…

Simone — Quoi ?

Moi — Ma blonde m’a dit il y a quelques semaines qu’elle a déjà été en couple avec la tienne. Est-ce que tu es au courant?

Simone — En couple, non… mais disons que Elle et Marlène se sont fréquentées.

Moi — Ah oui? À quelle époque?

Simone — Il y a quelques mois… un peu plus d’un an, je dirais. Peut-être deux, je ne sais plus.

Moi — Mais… Tu étais déjà avec Marlène à cette époque, non?

Simone — Ben oui. Duh.

Moi — C’est pas toi qui me disais toujours que le polyamour c’est de la niaiserie d’adolescentes immatures incapables de se brancher?

Simone — Je n’ai pas changé d’idée, mais bon, tu fais ce que tu veux avec ta vie, han, pour ce que j’en aie à branler…

Moi — Je parle d’Elle et de Marlène… Ma blonde a été ton métamour pendant quelque temps, c’est ça?

Simone — Écoute… métamour, je ne sais pas, mais Elle a été une des chiennes de Marlène, ça c’est certain.

Moi — Chiennes?

Simone — Une de ses soumises. Elle a fréquenté le donjon pendant un bout de temps.

Moi — Ah ok.

Simone — Tu parles d’une pain slut. Comme je te connais, tu dois en avoir du fun, avec elle.

Moi — Elle est enthousiaste à l’extrême dans tout ce qu’elle entreprend… y compris le masochisme.

Simone — Je me rappelle d’une séance d’electroplay où Marlène y est tellement allée fort que ça sentait le steak qui crame… pendant qu’Elle en redemandait encore et encore.

Moi — Ok…

Simone — Une autre fois, j’étais attachée au pilori et Marlène l’a installée entre mes cuisses et m’a fait lui piss…

Moi — Ça va, ça va, je n’ai pas besoin d’autant de détails. Et est-ce qu’elles avaient des relations sexuelles?

Simone — Qu’est-ce que ça peut te faire?

Moi — Je suis curieuse, c’est tout.

Simone — Serais-tu jalouse, par hasard?

Moi — Jalouse, moi? Pfff. Tu me connais mieux que ça.

Simone — Justement. Je te connais mieux que quiconque.

Moi — C’est ce que tu penses. Alors?

Simone — Pas de sexe. Que de la torture, des water sports et plein d’autres affaires déviantes. Satisfaite?

Moi — Pourquoi dit-elle que Marlène est son ex, alors?

Simone — Comment veux-tu que je le sache? Tu n’as qu’à lui demander.

Moi — Je pense que c’est ce que je vais faire.

Simone — Tant mieux. Et n’oublie pas que Lou recommence son taekwondo mercredi.

Moi — Et n’oublie pas le chèque de pension de septembre.

Simone — Et n’oublie pas que la jalousie, c’est un sentiment naturel et normal.

Moi — Je raccroche avant de me rappeler un peu trop vivement pourquoi on s’est séparées.

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