Épisode 39

Moi —  C’est occupé !

Roxane — Je l’sais, mais faut que je te parle avant de partir.

Moi —  Gode! Il faut vraiment que j’apprenne à toujours barrer la porte des toilettes.

Roxane — J’espère que t’es pas en crisse contre moi, là ?

Moi —  Stupéfaite serait un meilleur mot.

Roxane — Faut pas que tu prennes tout ce que je dis pour du cash, darling. Demain, je risque de penser le contraire… J’aime ça choquer, chu d’même.

Moi —  Si tu me permets de dire les choses franchement, je trouve que tu es pas mal culottée. Quand je rencontre un métamour pour la première fois, j’ai tellement peur de faire mauvaise impression que c’est à peine si j’ose dire un mot. Alors que toi…

Roxane — Moi, je sais pas vivre, on me l’a assez souvent dit comme ça. C’est correct de même, on n’a pas toutes besoin d’être des petits têteurs de vins italiens coincés du cul dans leur grosse cabane du plateau.

Moi —  C’est sûr qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Prends moi, par exemple, qui vis dans un demi-sous-sol, six mille dollars au-dessus du seuil annuel de faible revenu…

Roxane — « Prends-moi »? Tu veux que je te prenne ? Je dis pas non, pitoune. On peut faire ça icitte, contre la laveuse…

Moi —  Ha ha ha. Très drôle.

Roxane — Envouaille donc ! J’vas t’mettre deux doigts jusqu’à ce que tu fasses une flaque sua céramique. Le grout a pas l’air d’avoir eu du sealer, y va sentir le jus d’noune pour de bon.

Moi —  Ok. Je commence à comprendre ce que ma blonde peut bien te trouver.

Roxane — C’est ben d’valeur pour toi, mais on dirait que c’est parti pour qu’a devienne ma blonde à moi aussi.

Moi — Je pense même que c’est déjà fait, « darling ». Elle t’a dans la peau, c’est évident. Fais attention, elle est d’un naturel très enthousiaste et s’attache très vite. Par conséquent, elle se fait souvent blesser. Elle est plus fragile qu’elle le laisse paraître.

Roxane — T’as pas d’inquiétude à avoir. Je vais en prendre soin.

Moi — Au moins autant que ta grosse Harley sur laquelle il n’a même pas une trace de poussière ?

Roxane — Encore plus, même. C’est une promesse sur l’honneur.

Moi — Ça me rassure un peu.

Roxane — Chu moins épaisse que j’en ai l’air, tsé.

Moi — It’s a deal. Tope là, Elvis.

Roxane — Je pense que ça mérite plutôt un câlin, tu trouves pas ?

Moi — (En ouvrant mes bras.) Envouaille icitte, maudite chanceuse.

Roxane — (En me pressant les fesses à pleines mains.) Avec un cul de même, j’me demande ben c’est qui, la vraie chanceuse.

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