Épisode 44

Lui — (En soupirant.) La famille. On ne s’en sort pas : c’est la gale.

Moi — « Familles, je vous hais », disait André Gide.

Elle — Ah la la, ce n’était pas si mal. Vous exagérez encore. Soyez donc un peu plus positifs, mes poussins.

Moi — Tu as raison. C’était ok. Ta maman était charmante et pleine d’humour, mon chéri. Et ta sœur était…

Lui — Raciste.

Moi — J’allais plutôt dire « surprenante ».

Lui — Elle a des préjugés. Elle est quand même une bonne personne.

Moi — J’en doute aucunement, trésor.

Elle — Moi, je l’aime beaucoup, la belle-sœur.

Lui — Même si elle te fait toujours des commentaires plus ou moins subtils sur ton poids?

Elle — Meh. J’ai l’habitude de ce genre de chose. J’ai appris à passer outre.

Lui — Oui, mais est-ce que c’est comme ça qu’on fait avancer les choses ? En fermant les yeux sur l’intolérance ?

Moi — Il y a un temps pour s’insurger et un autre pour laisser aller. Et puis, je pense que c’est aux individus qui subissent ce genre de traitement de déterminer ce qui fait « avancer les choses », chéri.

Lui — Ouain.

Moi — Elles en avaient beaucoup à avaler d’un seul coup. Ça aurait pu être pire.

Lui — J’essaie de leur expliquer, mais c’est comme si je me frappais continuellement le front contre un mur – surtout avec Julie. Je te demande pardon pour elles.

Moi — Ben non, voyons. Il y a eu malaise, mais pas offense. C’était ok. Je les rencontrais pour la première fois, je voulais faire bonne impression et je pense que tout le monde est maintenant content.

Lui — (Soupire.) La famille, c’est la gale.

Elle — Pas la nôtre ! La nôtre est FABIOULOUSSE !

Lui — Tu veux dire nous trois et les enfants ?

Moi — Elle est fabioulousse pour toi, parce qu’on l’a choisie. Nos mômes ne seront peut-être pas de cet avis, plus tard.

(Long silence.)

Elle — HIIIIII ! Je viens d’avoir une IDÉE DE GÉNIE !

Moi — Hein ?

Elle — MARIONS-NOUS !

Lui — À trois ?

Elle —VOUIII !

Lui — Je ne pense pas que ce soit légal…

Moi — Et en plus, ça hiérarchise nos relations !

Elle —Je ne veux pas signer de contrat. Je ne veux pas devenir sexuellement et amoureusement exclusive envers vous. Je veux juste ME MARIER !

Moi — Je ne sais pas si ça me plaît. Ça sonne comme un autre compromis patriarcal.

Lui — Et comment on fait ça, se marier à trois ?

Elle — Je ne sais pas, mais on le fait LIVE ! Il faut qu’on se trouve des joncs tout de suite !

Lui — Qu’est-ce que tu en dis ?

Moi — C’est d’un romantisme fou. Ok, j’embarque.

Lui — Je dois bien avoir quelque chose qui ressemble à des joncs quelque part… (Il se lève et commence à fouiller dans ses tiroirs.) J’ai des anneaux de porte-clés…

Elle — Ouaou ! C’est PARFAIT ! Donne-les-moi, je vais faire la célébrante. Approchez-vous, la cérémonie commence !

(Toutes les trois debout devant le réfrigérateur.)

Elle — Par ces anneaux, je nous déclare mari, femme et licorne.

(Illes s’échangent les joncs.)

Elle — (Se tournant vers lui.) Maintenant, enlève-moi vite ces vêtements, car tu peux baiser les mariées – contre le comptoir de la cuisine.

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