Épisode 148

Félix — Lou, c’est vrai que tu ne fêtes pas Noël chez ta maman ?

Lou — Je fête Noël chez ma maman Simone. Ici, je fête Festivus.

Félix — C’est quoi ça, Festivus ?

Lou — C’est comme Noël, mais sans Père Noël, sans crèche et sans sapin. Pas de Jésus et de messe de minuit non plus.

Félix — Et les cadeaux ?¸

Lou — Oh ça… il y en a.

Félix — Fiou.

Lou — Maman les enveloppe avec du papier d’anniversaire ou  de la Saint-Valentin.

Félix — C’est bizarre, mais c’est rigolo.

Lou — Ouain. C’est pas ça qui est le plus drôle, parzemp.

Félix — Ah ?

Lou — D’abord, il y a la perche en alu.

Félix — Le poteau en métal dans le salon ? Ça, je l’ai vu. Pourquoi il n’est pas décoré ?

Lou — Maman dit que les décorations, ça distrait trop.

Félix — Je comprends pas.

Lou — Moi non plus, mais c’est comme ça. Festivus commence par un souper où on mange du spaghetti et pour dessert, on a un gâteau congelé décoré avec des M&Ms.

Félix — Cool ! Pour Noël, je mange de la tourtière et j’aime pas ça la tourtière.

Lou — Tu dis ça parce que tu as jamais mangé de tourtière au seitan.

Félix — C’est quoi ça, du seitan ?

Lou — C’est comme du steak, sauf en plus élastique.

Félix — Beurk.

Lou — En tout cas. Quand le souper est fini, on fait la formulation des griefs.

Félix — C’est quoi ça ?

Lou — Maman dit pour commencer « j’ai un tas de problèmes avec vous tous et c’est maintenant que vous allez en entendre parler ! » et ensuite on dit aux autres toutes les choses qu’on n’a pas osé dire pendant l’année. Les choses qui nous ont achalé, genre.

Félix — Ben là… est-ce que vous vous mettez à vous chicaner ?

Lou — Ben non. C’est surtout pour rigoler. Chacun notre tour, on dit quelque chose sur quelqu’un, et cette personne ensuite dit quelque chose sur une autre personne. L’année passée, on les a écrit sur des post-it, on les a lus, et après on les a brûlés dans le foyer.

Félix — J’aurais plein d’affaires à dire sur Samuel, ça c’est sûr.

Lou — Je parie qu’il en aurait en masse à dire sur toi aussi, han.

Félix — Pffff. Et ensuite, c’est les cadeaux ?

Lou — Non. Avant, il y a les exploits de force. Comme maman le dit, « Festivus n’est pas terminé tant que la maîtresse de la maison n’est pas terrassée par une épreuve de force ».

Félix — Je comprends pas.

Lou — C’est simple : il faut battre maman à un jeu et tant qu’elle n’a pas été battue, on ne développe pas les cadeaux. Il y a deux ans, on avait fait un match de bataille de pouces. L’année dernière, on a joué aux dards.

Félix — Oh non ! Ça veut dire qu’on pourrait jamais avoir nos cadeaux…

Lou — Ben non. Maman choisit toujours des jeux où elle est super pas bonne. Ça va vite.

Félix — Ha ha ha !

Lou — Enfin, chaque fois qu’on ouvre un cadeau, on crie « c’est un miracle de Festivus ! » pour montrer qu’on est contente.

Félix — Cool…

Lou — Maman dit que normalement, il n’y a pas de cadeaux à Festivus, mais quelle fait une exception juste pour moi. Et quand je serai plus vieille, elle fera plutôt un don au Human fund en mon nom au lieu de m’en donner. Disons que ça ne donne pas envie de grandir trop vite.

Félix — J’aimerais ça, moi aussi, fêter Festivus !

Lou — (Haussant les épaules.) Meh.

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