Épisode 174

From: Blondine <les.malheurs.de.blondine@gmail.com>
To: Anne Archet <anne@archet.net>
Subject: Re : Re : Re : Re : Je veux tout savoir de toi

[…]

Toi, ta première fois… c’était avec un garçon ou avec une fille ?

Ta Blondine

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From: Anne Archet <anne@archet.net>
To: Blondine <les.malheurs.de.blondine@gmail.com>
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C’était avec une fille. Les garçons, ça m’a pris beaucoup de temps à leur trouver un quelconque intérêt – surtout ceux de mon âge, avec leurs avances plus ou moins subtiles, leur vocabulaire monosyllabique et leurs hormones en furie. On aurait dit que plus ils me dégoûtaient, plus ils étaient insistants.

Mon premier baiser, mes premières caresses, mon premier orgasme – et mon premier chagrin d’amour – je les ai vécus avec une fille prénommée Julie. J’avais quinze ans, elle en avait vingt, ce qui contribuait au caractère délicieusement interdit de notre relation. Je l’ai rencontrée dans ma classe de Tai-chi ; elle était blonde, grande, gracieuse, brillante et son humour était corrosif. Elle m’a fait découvrir des tas de trucs : le jazz, l’art, la poésie… et surtout le  cunnilingus. Elle m’a fait lire L’Unique et sa propriété, aussi. C’est donc beaucoup à cause d’elle que je rebats les oreilles de tout le monde avec Stirner encore aujourd’hui.

La plupart des femmes ont des histoires lamentables ou franchement traumatiques à raconter au sujet de leur première fois. En ce qui me concerne, je l’ai vécue dans la douceur et dans le plaisir. Ma vie sexuelle a débuté sur une note positive et je me demande parfois qu’est-ce qu’elle aurait été si ça n’avait pas été les cas.

Bref, m’a relation avec Julie a beaucoup contribué à ce que je suis devenue, même si elle a été relativement de courte durée, puisque qu’elle m’a jetée lorsqu’elle est partie étudier à Paris. J’ai découvert assez vite qu’elle partait rejoindre une fille qu’elle avait rencontré à l’université, alors tu t’imagines à quel point ce fut le drame : un douloureux chagrin d’amour, tragique, apocalyptique – comme tous ceux des adolescentes. Je lui ai écrit des lettres à l’encre de feu que je déchirais en pleurant avant même de songer à les poster.

(Oui, de les poster, avec un timbre et tout le tintouin ; en 1993, c’était on ne pouvait pas rompre via Messenger. Tu imagines tout le temps perdu ?)

Je l’ai revue quelques années plus tard, à l’occasion d’un voyage en France. Nous n’avons jamais perdu contact, on s’écrit encore de temps en temps ; elle a deux enfants et a marié son amoureuse il n’y a pas longtemps.

Un vrai conte de fées, en somme.

La balle est dans ton camp ! Raconte-moi un épisode graveleux de ta jeunesse…

Anne x x x

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