Épisode 216

(Au lit avec Elle, qui est venue passer la nuit au demi-sous-sol.)

Elle — (Soupire.) Elle en a de la chance, Blondine, de pouvoir venir t’embrasser chaque jour au bureau.

Moi — Sa chance tire à sa fin ; mon contrat se termine dans une semaine.

Elle — Je suis sûre que vous en profitez pour faire plein de cochonneries. Ce n’est pas juste.

Moi — On travaille, surtout, han.

Elle — Raconte-moi une histoire.

Moi — Quoi ?

Elle — Raconte-moi une histoire qui se passe à ton bureau. Une histoire où je suis la protagoniste. Une histoire… comme je les aime, tu sais.

Moi — Tu veux dire avec beaucoup de…

Elle — Oui ! Et ne lésine pas sur les détails scabreux.

Moi — Euh, ok… Donc, tu travailles à mon bureau et un midi, je viens à ton poste pour…

Elle — Non, raconte-moi d’abord comment j’ai été embauchée.

Moi — D’accord. Tu as postulé à un concours et…

Elle — Qui m’a fait passer l’entrevue ?

Moi — Un type prénommé… euh… Steve.

Elle — Oh ! Steve… Est-ce qu’il m’a forcée à le sucer à la fin de l’entretien ?

Moi — Oui.

Elle — Aon !

Moi — Après avoir joui, il te laisse à peine le temps de t’essuyer la joue et te demande de le suivre, parce que tu commences immédiatement.

Elle — Est-ce que tu es en train de me dire que je suis devenue son esclave sexuelle ?

Moi — Pas juste la sienne : celle de tout le bureau.

Elle — Aon ! Aon ! Aon !

Moi — Bien entendu, c’est moi qui manigance tout ça dans l’ombre.

Elle — Évidemment. Et qu’est-ce qu’on me fait subir ?

Moi — Des tas d’horreurs.

Elle — Donne-moi des détails !

Moi — Un matin, très tôt, tu te fais mettre par derrière par trois livreurs de FedEx dans la salle de courrier.

Elle — AON !

Moi — Tu dois aussi t’allonger derrière le comptoir de la réception chaque fois que la réceptionniste prend sa pause, pour qu’elle puisse s’asseoir sur ton visage.

Elle — AON ! AON ! AON !

Moi — Sans compter Steve – toujours lui – qui te convoque systématiquement dans son bureau à la fin de chaque quart de travail.

Elle — Le bureau de Steve, comment est-il?

Moi — Minuscule, sombre, sale et en désordre. Il y a des affiches de filles nues sur les murs.

Elle — Et Steve, de quoi il a l’air?

Moi — Grassouillet, mal rasé, les cheveux gras, un polype mollasson sur l’aile du nez. Il porte toujours la même chemise blanche à manches courtes, avec des cernes jaunâtres sous les bras rs, alors forcément, tu imagines l’odeur…

Elle — Et comment est sa voix?

Moi — Grasse et huileuse comme son visage. Accent carré et laborieux de l’Alberta. Sacres à profusion.

Elle — (Soupire de délice.) Quand il me convoque dans son bureau, comment ça se passe?

Moi — Ça se passe toujours de la même façon.

Elle — Raconte !

Moi — Tu entres et il te dit les trucs habituels — que tu vas perdre ton poste s’il manque encore trente cents dans la petite caisse, que tu fais fuir la clientèle avec ta face de carême et ainsi de suite.

Elle — (Glisse une main entre ses cuisses.) Et puis?

Moi — Et puis il sourit comme un idiot, te dit « tu sais ce que tu as à faire si tu ne veux pas perdre ton job », se recule sur son fauteuil à roulettes et défait sa braguette. « Sous le bureau», qu’il marmonne. Alors, tu te mets à quatre pattes et tu t’exécutes.

Elle — Ensuite?

Moi — Ensuite, tu te mets à le sucer. Il sent des pieds, le plancher est sale et tu abîmes tes collants. Et ce gros porc répète « c’est très bien, c’est très bien…», en te tapotant la tête.

Elle — (En se masturbant de plus en plus frénétiquement.) Comment ça se termine?

Moi — Il se crispe, tu avales le tout et tu te relèves. Il te dit : « ne sois pas en retard demain et je t’avertis, le prix de ces collants sera déduit de ta paye».=

Elle — (Tremblante.) Dis-moi ce qu’il me fait faire, le lendemain.

Moi — Après que tout le monde soit parti, il te fait placer les fournitures du bureau sur les tablettes de l’entrepôt, chemisier ouvert et cul à l’air. Il prend des photos et ne cesse de se tâter le paquet.

Elle — (Avec une voix de plus en plus oppressée.) Et le jour suivant… Il faut que je retourne dans son bureau ?

Moi — Bien sûr. Mais cette fois, il a apporté une règle de bois, comme à l’école… avec l’intention de te donner la fessée la plus violente que tu n’aies jamais subie.

Elle — (Elle jouit.) Oh shit… oh shit oh shit oh shit… OH SHIT !

(Je la laisse reprendre son souffle. Après un moment, Elle me dit.)

Elle — Tu sais vraiment ce qui me plaît, mon koala en tiramisu.

Moi — C’est bien ce qui me désole. Je n’en reviens toujours pas que ce genre de fantasme sexiste et franchement dégueulasse t’excite autant.

Elle — Meh.

Moi — C’est de l’abus sexuel, tsé.

Elle — Je sais que c’est de l’abus sexuel. Si ça m’arrivait dans la vraie vie, je serais terrorisée… anéantie.

Moi — Pourquoi alors est-ce que tu aimes tant que je te raconte ces horreurs ?

Elle — (En se blottissant contre moi.) Parce que ça t’oblige à visiter des zones de ton imagination que tu n’explorerais jamais sans moi. (Elle bâille.) Et ça me permet d’explorer mes propres zones d’ombre… bien en sécurité, dans tes bras.

(Quelques minutes à peine plus tard, elle s’est assoupie. Quant à moi, sa Shéhérazade, je reste longtemps les yeux ouverts, à réfléchir à ce que je lui raconterai le lendemain pour la garder encore une nuit près de moi.)

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