Épisode 253

Je travaille intensivement au demi-sous-sol sur mes multiples contrats qui sont sur le point d’être en retard.

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Boris le pug prend son bol d’eau vide dans sa gueule et le laisse tomber à mes pieds avec grand fracas.

Moi — (Sursaute.) Qu’est-ce qu’il y a Boris ? Tu veux de l’eau ?

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Moi — Attends, je vais remplir ton bol.

Je me lève, je vais à la cuisine, je remplis son bol, puis je le dépose devant lui.

Moi — Voilà. Laisse-moi travailler, maintenant.

Boris le pug —Slurrrpp Slurrppp Slurrppp Slurrppp Slurrppp Slurrppp…

Je retourne à ma révision de textes. Quelques minutes plus tard, Boris le pug grimpe sur une chaise puis saute sur ma table de travail.

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Moi — Boris ! Non ! Descends !

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Moi — Shit ! Tu as froissé mes papiers et tu as mis du poil partout !

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Moi — Couché ! Laisse-moi tranquille, j’ai du travail !

Quelques minutes plus tard.

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Moi — Mais… qu’est-ce que tu as dans la gueule ?

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Moi — Querisse, c’est pas vrai ! Mes boules de geisha ! Méchant chien !

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Moi — Fuck ! Fuck ! Fuck ! Elles sont complètement foutues. Shit!

Boris le pug — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

Moi — Dans la cage ! Puni !

Boris le pug — (Pleure.) Aoouuuuuu ! Aouuuuuu ! Ar Ar Aoooooooooouuuuuuu !

Moi — Pffff. Tu n’avais qu’à laisser mes jouets tranquilles.

Boris le pug — Aoouuuuuu ! Aouuuuuu ! Ar Ar Aoooooooooouuuuuuu !

Lui — (Sortant en baillant de la chambre à coucher, uniquement vêtu d’un caleçon boxeur.) Qu’est-ce qui se passe ?

Moi — C’est Boris ! Il est insupportable !

Boris le pug — Aoouuuuuu ! Aouuuuuu ! Ar Ar Aoooooooooouuuuuuu !

Moi — J’ai hâte d’avoir assez d’argent pour le faire castrer. Ça commence à devenir urgent… et j’espère que ça va le calmer, querisse ! (En mimant des ciseaux avec les doigts.) Chop ! Chop ! Chop !

Lui — Il n’a pas l’air d’être content.

Moi — Il va finir par s’endormir. Il le fait toujours.

Boris le pug — (Ronfle comme un moteur diésel.) ZZZZZZZzzzzzz… ZZZZZZZzzzzzzz… ZZZZzzzzz…. ZZZZZZZZzzzzz…

Moi — Qu’est-ce que je disais.

Lui — Tant mieux. Je vais aller me raser et prendre une douche.

Moi — Parfait. À tantôt, chéri.

Quelques minutes plus tard, j’entends la douche couler.

Lui — ♫ Il this the real liiiiife ♪ Is this just fantassyyyyyy… ♫

Boris le pug — ZZZZZZZzzzzzz… ZZZZZZZzzzzzzz… ZZZZzzzzz…. ZZZZZZZZzzzzz…

Moi — (À moi-même.) Où est-ce que j’ai mis mes bouchons d’oreilles… ?

Lui — (Sortant de la salle de bains.) Je pense que je vais maintenant nous faire un petit café.

Moi — Bonne idée.

Lui — Où est-ce que tu ranges ta cafetière à piston ?

Moi — Dans l’armoire au-dessus de la hotte.

Lui — (En agitant la vaisselle avec grands fracas.) Got it. (Il chante en attendant que l’eau bouille.) ♫ Couleur caféééééé ♪ Que j’aime ta couleuuuuur café ♫

Moi — Tu ne pourrais pas faire un peu moins de bruit ? J’essaie de travailler…

Lui — Oh. Désolé.

Moi — Je ne veux pas ruiner ta bonne humeur, han. C’est juste que je dois vraiment me concentrer.

Lui — (En marchant vers moi, la cafetière dans une main et deux tasses dans l’autre.) Je comprends parfaitement. Je ne te dérangerai plus et…

Il pose le pied nu sur l’os de Boris.

Lui — AYOYE QUERISSE !

Il échappe la cafetière de verre qui éclate en mille morceaux. Il y a du café et de la mouture partout, sur mon tapis, sur mon sofa, sur les livres de l’étagère du bas de ma bibliothèque.)

Moi — Mon tapis ! Mon Bodum !

Lui — Ouch ! Ouch ! Ouch !

Boris le pug — (Réveillé par tout ce bruit.) Aoouuuuuu ! Aouuuuuu ! Ar Ar Aoooooooooouuuuuuu !

Moi — Ne bouge pas, tu vas marcher sur un éclat de verre ! Je vais aller chercher ce qu’il faut pour ramasser tout ça.

Je me rends dans la salle de bains pour aller chercher le seau et la vadrouille. Je constate que mon amoureux n’a rien ramassé après sa douche… et un fusible saute dans ma cervelle.

Moi — Ossetie de querisse, c’est pas vrai ! Il y a de l’eau partout ! Ta serviette et ta débarbouillette sont sur le plancher ! Il y a du poil partout dans le lavabo !

Lui — Oh.

Moi — Comment est-ce que je suis censée travailler dans le bruit, dans le pouel, avec tous mes trucs qui sont brisés les uns après les autres ? Fuck !

Je me mets à ramasser le dégât en maugréant.

Lui — Je te demande pardon, mon amour.

Moi — Ouain.

Lui — Je vais tout ramasser.

Moi — Humpf. Tu as été un mauvais chien. Tu es chanceux que je n’aie pas assez d’argent pour te faire castrer.

Lui — On sait bien… La castration est ta solution pour tous les problèmes.

Moi — Seulement quand on me gosse.

Lui — Snifff Groink Rroink Rrrrr Snifff Snifff…

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3 réflexions sur “Épisode 253

  1. Tu as une façon d’écrire, avec humour, que l’on voit très bien les scènes
    qui sont à mourir de rire.
    Et puis, j’aime les expressions canadiennes, qu’on essaie de comprendre suivant la situation.
    (des fois, j’ai besoin du lexique québécois,je ne te le cache pas, mais je me marre.)
    Par contre, abandonne les ciseaux, Anne.
    Ca peut faire mal.
    Un fan.

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