Épisode 264

(Au demi-sous-sol, paresseusement étendue dans mon lit contre le corps doux, chaud et amoureux de Blondine.)

Moi — (Soupire de félicité.)

Blondine – (Soupire de volupté en retour.)

Boris le pug — (Saute sur le lit pour la troisième fois et me lèche le visage.) WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA! WA!

Moi — (Excédée.) Non! Couché! Panier!

(J’attrape Boris le pug par le collier et le traîne hors de la chambre.)

Blondine – Ton chien est tellement mongol que tu devrais remplacer son panier par une yourte.

Boris le pug — (Pleurniche de l’autre côté de la porte.) Uuuuuuuuh ! Uuuuuuuuh ! Uuuuuuuuh ! Uuuuuuuuh ! Uuuuuuuuh !

Moi — Ce que tu viens de dire est à la fois raciste et capacitiste, chérie.

Blondine – (Tout sourire.) Et pas végan du tout, par-dessus le marché.

Moi — Une chance que tu n’as pas dit ça sur internet, parce que ça t’aurait valu un call-out immédiat.

Blondine – (Avec un regard malicieux.) Une chance que je me contente d’être problématique quand je suis toute nue dans ton lit, dis-donc.

Moi — (En allant la rejoindre sous la couette.) Si tu n’étais pas si cute, j’irais sur Twitter te doxxer illico.

Blondine – (Railleuse.) Aon! Vas-y! Doxxe-moi fort! Comme une bête!

Moi — Ha ha ha ! Raconte-moi une histoire, plutôt.

Blondine — Hum… Quel genre d’histoire ?

Moi — Un épisode croustillant de ton adolescence, tiens.

Blondine — N’est-ce pas toi qui raconte les histoires, d’habitude?

Moi — (En me blottissant contre elle.) Allez… juste pour une fois!

Blondine — Je t’avertis, ça parle d’intimidation et d’une relation sexuelle non-consensuelle.

Moi — Je me considère adéquatement trigger-warnée. Raconte.

Blondine — Ok, tu l’auras voulu. C’était en quatrième année du secondaire. Je me dirigeais vers mon casier, quand j’entends crier «Judith Ayotte la slotte!» Je me suis retournée : c’était cette demeurée de Jessica Ménard, entourée de sa bande de copines lèche-bottes. Encore.

Moi — C’était la tough de l’école?

Blondine — Ouais. Une vraie brute.

Moi — Oh la la. Ça sent les embrouilles. J’espère que tu ne t’es pas laissée faire…

Blondine — Tu parles si je ne me suis pas laissée faire! Je lui ai d’abord demandé pourquoi elle m’appellait comme ça et elle m’a répondu «Parce que c’est ce que t’es. T’es rien qu’une querisse de slotte». À ces mots, deux de ses sous-fifres se sont mises à rigoler comme des connes. Alors je lui ai dit : «Qu’est-ce qui te fait dire que je suis une slotte, au juste?»

Moi — Qu’est-ce qu’elle t’a répondu?

Blondine — Elle m’a dit : «T’as pas vu de quoi t’as l’air? Comment tu portes ton uniforme? Comment tu frottes tes cuisses pis que tu grouilles ton cul quand tu marches dans la caf’?» et tout de suite après, une de girls de sa bande a sifflé : «Judith Ayotte la slotte! Judith Ayotte la plotte!» pendant que les autres rigolaient et disaient «En plus, ça rime!», comme si c’était la trouvaille littéraire du siècle.

Moi — Ouch.

Blondine — Alors là, j’ai commencé à être vraiment en colère. Les dents serrées, je lui ai dit: «Je porte mon uniforme exactement comme toutes les autres filles. Et si je frotte mes cuisses en marchant, c’est parce que je suis faite comme ça, c’est tout. Tu as un problème avec ça?». Et c’est là qu’elle a fait l’erreur d’en rajouter une couche en me disant : «J’ai un problème avec les slottes. Pis toi, t’est une slotte lesbienne, laide… pis stuck-up, en plus.»

Moi — Slut et stuck-up, c’est pas un peu contradictoire?

Blondine — Disons seulement que Jess ne brillait pas par la rigueur de sa dialectique. Toujours est-il que dans ma tête, il y a comme un fusible qui a sauté et je me suis entendue crier: «Je vais te montrer ce que ça fait, une slotte lesbienne stuck-up laide, querisse de grosse vache!»

Moi — Et c’est à ce moment que tu lui as sauté à la gorge pour lui arracher les cheveux.

Blondine — Nope. Pas du tout.

Moi — Ok… Qu’est-ce que tu as fait, alors?

Blondine — Je l’ai poussée contre le casier, puis je me suis jetée à genoux devant elle, qui portait la jupe de laine réglementaire de l’école. La surprise aidant, c’est un jeu d’enfant de faire glisser sa culotte suffisamment pour me permettre d’arriver à mes fins.

Moi — Han?

Blondine — J’ai glissé mes doigts sur sa fente et elle s’est mise à trembler. J’ai collé mes lèvres contre son clito et elle a frissonné. Je l’ai léché et elle s’est mise à gémir. Je lui ai mis deux doigts et elle a joui.  Le tout en moins d’une minute, top chrono. Le tout sous le regard médusé de ses copines, trop trouillardes pour dire ou faire quoi que ce soit.

Moi — Ben voyons donc.

Blondine — C’est pas tout. Je me suis ensuite relevée et je lui ai craché à la figure – et elle s’est laissée faire, tétanisée et hagarde, des larmes et un crachat sur les joues. «Finalement, je ne suis peut-être une slotte lesbienne laide, mais je ne suis pas stuck up», lui ai-je dit avant de tourner les talons.

Moi — (Avec une moue dubitative.) Es-tu sérieusement en train de me dire tu as vraiment fait ça?

Blondine — (Soupire) Non, bien sûr que non… mais ça fait plus de dix ans que j’en rêve jour et nuit.

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