Épisode 266

(Pendant que le générique de la fin de l’épisode six de la huitième saison de Game of Thrones défile à l’écran.)

Ousmane — Ouf. Quel spectacle consternant.

Moi — (Agacée.) Le mot est faible.

Ousmane — Tous ces personnages dont les motivations complexes ont été patiemment établies au cours des années… et qui se mettent à agir n’importe comment, juste pour faire aboutir un récit de plus en plus bancal.

Moi — Et surtout qui se mettent à réciter des dialogues d’une connerie navrante.

Ousmane — On dirait que la priorité est de nous refiler des scènes de batailles à grand déploiement et tape-à-l’œil plutôt que de miser sur l’écriture – qui pourtant était la force de cette série.

Moi — (Soupire.) Ça m’apprendra à m’investir émotivement pendant huit ans auprès de personnages qui au fond sont des ennemis de classe et méritent tous la guillotine.

Ousmane — Ha ha ha ha !

Moi — Si après ça le peuple de Westeros ne se révolte pas et ne fait pas la peau à la poignée de nobles ineptes et imbéciles qui lui reste, c’est qu’il est vraiment plus con que nous et… oh wait.

Ousmane — Ha ha ha ha… Oh! Oh! Je sais ce que tu devrais faire! Tu devrais écrire un roman de high fantasy anarchiste où les paysans déclenchent une immense jacquerie, brûlent les villes et instaurent le communisme libertaire.

Moi — Avec des elfes, des nains, des dragons, des magiciens et tout le tintouin?

Ousmane — Oui !

Moi — Imagine comme ce sera passionnant de décrire dans le menu détail tous les sous-amendements qu’ils vont débattre en assemblée générale d’autogestion pour décider quel genre de navet ils vont planter au printemps prochain.

Ousmane — Hum… vu sous cet angle, en effet…

Moi — De toute façon, je n’ai jamais écrit de roman et je ne compte pas le faire de sitôt. Je n’ai tout simplement pas le souffle pour soutenir une histoire pendant une centaine de pages.

Ousmane — N’est-ce pas toi qui viens d’écrire une phrase de vingt-six mille mots – qui s’intitule Perdre haleine?

Moi — Ouais ouais.

Ousmane — C’est populaire les romans, tu sais. C’est ce qui se vend le mieux.

Moi — Tu te trompes ; ce sont les livres de cuisine qui fracassent les records de vente.

Ousmane — Je suis sûr que si tu donnais la peine d’écrire un roman, ce serait une réussite incroyable. Peut-être même un chef-d’œuvre.

Moi — Tu es trop gentil, mon amour, mais laisse tomber. Les romans, c’est trop XXe siècle.

Ousmane — Ah oui? Et qu’est-ce qui est XXIe siècle?

Moi — Les modes d’emploi de guillotines.

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