Épisode 333

En déshabillé avec bas résilles, porte-jarretelles et tout le tintouin, je suis à ma fenêtre et je regarde la neige qui tombe à gros flocons et qui ensevelit le Vieux-Hull.

Moi — On dirait que toute la neige de l’hiver est tombée en une seule journée.

Lui — C’est la journée idéale pour rester à la maison et s’adonner à la farniente.

Moi — Depuis le début de la pandémie, rester à la maison et m’adonner à la farniente a perdu beaucoup de son attrait.

Lui — Tu n’as qu’à te trouver des passe-temps. Moi, je me suis mis aux Sudokus. Je suis devenu pas mal bon.

Je me laisse choir langoureusement sur le lit.

Moi — J’ai un passe-temps bien plus amusant à te proposer. Laisse ton sudoku et viens m’enfiler.

Lui — J’ai presque fini.

Moi — Tu dis ça depuis environ une demi heure.

Lui — C’est plus dur à la fin. Et puis, je m’étais trompé, j’ai dû refaire une grande partie de la grille.

Moi — Est-ce que tu réalises que j’ai pris une douche pour toi, que je me suis rasée la chatte comme tu aimes, que j’ai mis le string en soie noire que tu m’as offert à Noël?

Lui — J’ai cru remarquer, oui.

Moi — Regarde! Je prends des poses de porn star juste pour toi.

Lui — (Sans lever les yeux de son sudoku.) Je vois.

Moi — Tu ne me regardes même pas! Je suis trempée à force de m’astiquer doucement contre les draps, j’ai les seins durs comme des pamplemousses, viens m’enfiler!

Lui — Oui, oui, ce ne sera pas long.

Moi — Viens me mettre ta pine dans le cul! Viens me fourrer jusqu’à la peau des couilles!

Lui — Écoute… (Profond soupir.) Si tu me déconcentres tout le temps, il va me falloir des heures pour terminer cette putain de grille. Pourquoi tu regardes pas Netflix en attendant? Il parraît que Don’t Look Up, c’est excellent.

Moi — Pourquoi pas Le Septième sceau tant qu’à y être?! Comment un gestionnaire dans le communautaire peut-il être autant obsédé par les chiffres?

Lui — Tu serais surprise…

Moi — Drogué! En cet instant, aucune force au monde n’est assez puissante pour t’arracher à cette saloperie qui te suce la cervelle.

Lui — Faux. Je m’arrête quand je veux.

Moi — Alors arrête-toi !

Lui — Quand JE veux.

Dégoûtée, je fais un bruit de pet avec ma bouche et attrapes un magazine qui traîne sur la table de nuit. Lui et moi sommes enfermés dans notre bulle respective pendant un bon moment. Je sens ensuite sa main se poser sur ma jambe.

Lui — Elle m’a donné du mal, celle-là.

Moi — Prends des grilles de niveau zéro.

Lui — Oh non, c’est le bon niveau. C’est juste qu’elle m’a donné un peu de mal.

Ses doigts viennent s’échouer sur la raie de mon cul.

Moi — Hey! Branle-toi, j’ai dit, je finis mes mots croisés.

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