Épisode 287

Blondine — Anne, est-ce que tu dors ? (Elle secoue doucement mon épaule.) J’ai fait le plus étrange des rêves…

(Je grogne en tirant l’édredon.)

Blondine — Nous étions dans un ascenseur avec deux dudes du bureau… je ne sais pas si tu te rappelles, Philippe et l’autre, tu sais, celui avec les cheveux… enfin, tu sais, celui qui ne dit jamais bonjour. Tu te rappelles sûrement d’eux… on les avait croisés quand tu étais venue travailler au ministère

(Je grogne encore un peu.)

Blondine — En tout cas. J’ai rêvé que dans l’ascenseur, tu te tournais vers eux en leur disant: «Messieurs, la petite gouine que voici est travaillée depuis des jours par ses hormones de grossesse. Ça ne vous dérangerait pas trop qu’elle vous suce?»

Moi — (En me frottant les yeux.) Ok. Là, tu as toute mon attention.

Blondine — J’étais si mal à l’aise, il n’était pas question que je fasse une telle chose – surtout que je n’ai jamais fait une telle chose! Mais soudain, sans trop savoir pourquoi, je me suis retrouvé nue, à genoux devant eux, leurs queues dans la bouche, que je me suis mise à sucer à tour de rôle.

Moi — Wow. Est-ce que c’est la première fois que tu fais un rêve hétéro-érotique?

Blondine — Oui. Je ne peux pas dire que c’était très agréable, en plus. Après quelques instants, tu as dit: «C’est bien, chérie, mais dépêche-toi de les faire jouir avant que l’ascenseur ne s’écrase, sinon nous allons tous y passer!» et c’est alors que je me suis mise à paniquer.

Moi — Ok. La source du désagrément est l’accident, pas la bite.

Blondine — En fait, les deux. On dirait qu’ils étaient liés dans mon esprit.

Moi — Aon.

Blondine — Je ne savais pas quoi faire pour qu’ils éjaculent en vitesse – et pour être bien franche, je ne savais pas comment faire pour qu’ils éjaculent, point. Quand j’ai touché à leurs… ahem… poches, elles étaient énormes et broussailleuses, rêches comme une pelote de corde d’emballage.

Moi — Ha! Ça fait drôle de t’entendre dire ça.

Blondine — Quoi ça?

Moi — Poche.

Blondine — Je peux le dire encore si tu le veux.

Moi — Si ça ne te dérange pas, han.

Blondine — Ça me fait plaisir. Poche, poche, poche, poche, poche, poche, poche, poche.

Moi — Merci mon amour.

Blondine — Tout le plaisir est pour moi. Pour en revenir à mon rêve, en prenant les POCHES dans la paume de ma main…

Moi — Hi hi hi!

Blondine — En les prenant dans la paume de ma main, j’ai vu qu’elles étaient lourdes et remplies à éclater de liquide – je les ai secouées un peu et j’ai senti les couilles flotter à l’intérieur ! Ensuite, ils se sont mis à gicler leur foutre épais à longs traits, ça ne finissait plus, ça goûtait comme de la crème pâtissière, leurs glands étaient dodus et spongieux comme des champignons sautés au beurre…

Moi — On voit que tu parles d’expérience.

Blondine — Et toi, tu me regardais, souriante, pas pantoute inquiétée par le fait que nous allions mourir, et tu me disais: «Bravo choupinette ! Maintenant, tu n’avales rien, tu gardes tout dans ta bouche, jusqu’à ce soir. Sinon, pas de câlin avant de faire dodo.»

Moi — Hum… J’avoue que ce serait quelque chose que je pourrais dire…

Blondine — Tu as léché la goutte qui pendouillait au bout de mon nez, puis tu m’as embrassée sur le front. Et c’est à ce moment que je me suis réveillée. Mais qu’est-ce qu’un tel rêve peut bien vouloir dire?

Moi — (Je m’étire et je bâille.) Rien. C’est juste un rêve après tout.

Blondine — Est-ce que c’est la révélation de l’avenir? Ou encore, l’accomplissement hallucinatoire d’un désir inconscient?

Moi — Est-ce que tu désires inconsciemment faire des pipes à des dudes dans un ascenseur?

Blondine — Yarke non, vraiment pas.

Moi — Est-ce que tu penses vraiment que les rêves prémonitoires existent?

Blondine — Hum… non.

Moi — Dans ce cas, je parie que c’est juste l’estomac qui te joue des tours. Qu’est-ce que tu as mangé avant d’aller au lit?

Blondine — Pour souper, j’ai mangé de la saucisse de Toulouse avec des champignons – et un cannoli pour dessert.

Moi — (Bâille.) Ben voilà. C’est de l’hétérosexualité induite par l’indigestion. Dodo, maintenant.

Blondine — Pffff. La prochaine fois que j’ai une fringale, je vais y aller pour les moules marinières.

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