Épisode 69

Elle — Tu sais déjà que quelques mois après notre rupture, j’ai rencontré poussin sur Fetlife.

Moi — Oui.

Elle — Je t’ai aussi dit qu’on s’est donné rendez-vous une fois par semaine pendant presque trois mois pour des séances de fessée.

Moi — Tu as toujours adoré les fessées, ce n’est pas surprenant.

Elle — Ben voilà. Je me suis dit qu’une fessée donnée par un homme, il fallait bien que j’essaie ça au moins une fois dans ma vie.

Moi — C’est là que tu as eu l’idée de contacter chéri.

Elle — Il était encore avec la dude à l’époque.

Moi — Tu le savais ?

Elle — Et comment que je le savais – il me l’a dit avant qu’on se rencontre pour la première fois en vrai, alors que nous ne faisions que discuter en ligne. Au départ, je n’avais aucune envie d’avoir des relations sexuelles avec lui… because je suis lesbienne, hein. Lui était vraiment intéressé par le BDSM, mais n’était pas pratiquant… because la dude ne voulait pas en entendre parler et qu’il entretenait avec elle une relation monogame exclusive.

Moi — Si je comprends bien, ce n’était au début que des discussions. Du fantasme.

Elle — Exact. À force de discuter, je me suis mise à avoir de plus en plus de sympathie envers lui. Tu sais à quel point il est charmeur et que sa conversation est brillante… Je ne me rappelle plus comment on en est arrivé là, mais on a fini tous les deux par se dire que si on se rencontrait juste une fois pour une fessée et qu’il garderait ses vêtements et qu’ainsi il n’y aurait pas de pénis-dans-vagin… et puisque de toute façon je suis lesbienne et pas du tout intéressée à baiser avec lui et encore moins à me retrouver en couple… qu’au final ce ne serait pas grave – et que ce ne serait pas une infidélité envers sa femme.

Moi — C’est un peu tordu comme raisonnement, mais bon, pourquoi pas… sauf que je parie qu’il a omis d’en parler à Sylvie.

Elle — Voilà. Je lui ai dit que ce n’était pas une bonne idée, que ce n’était pas honnête du tout et que ça me mettait mal à l’aise. Il m’a dit que je ne connaissais pas la dude, que c’était la seule façon de faire – et rétrospectivement, je pense qu’il n’avait pas tort.

Moi — Vous vous êtes donc rencontrés chez toi pour des séances de fessée…

Elle — Au motel, pour commencer. Ensuite chez moi, après presque deux mois… quand nous sommes devenus amoureux. Je n’aurais jamais cru que ça puisse m’arriver. C’est l’after care qui m’a fait chavirer… Tu sais à quel point il peut être merveilleusement doux quand il enlève son uniforme de Dom… je l’ai supplié trois semaines consécutives de me faire l’amour et il n’a succombé qu’à la troisième.

Moi — Et c’est là qu’il a décidé de quitter Sylvie.

Elle — En gros, oui. Et il a fait l’erreur de tout lui raconter.

Moi — Pourquoi dis-tu que c’était une erreur ? N’était-ce pas la chose à faire ?

Elle — La plupart des personnes normales préfèrent savoir pourquoi elles se font larguer – sauf que la dude n’est pas une personne normale. Elle a complètement disjoncté dès qu’elle l’a su.

Moi — D’où son aversion pour le BDSM et les lesbiennes… et ses accusations envers notre chéri…

Elle — Yup.

Moi — N’empêche que ça fait quatre ans que tout ça s’est passé… ça ne m’explique pas pourquoi elle est toujours aussi enragée.

Elle — Elle est juste folle. Inutile de chercher plus loin.

Moi — C’est un peu court comme explication. Et chéri n’a quand même pas été clean dans cette histoire.

Elle — Il a culpabilisé et s’est auto-flagellé plus qu’il ne le méritait depuis toutes ces années, crois-moi. Et ce n’est rien à comparer à ce qu’elle lui a fait subir… je me demande qui est le plus à blâmer.

Moi — Je n’essaie pas de blâmer ou d’excuser le comportement de quiconque, je veux juste comprendre. Ce n’est pas la première femme qui se fait tromper par son mari… cet acharnement reste pour moi un mystère.

Elle — Je peux te demander une faveur, ma coquinette en citron confit ?

Moi — Oui, bien entendu mon amour.

Elle — Ne sois pas trop dure envers lui quand tu lui en parleras. Je sais qu’il tient le rôle du mari adultère dans cette histoire, je sais qu’il a menti à sa dude par omission et qu’il a mené une double vie pendant quelques mois, mais attend d’avoir sa version avant de le juger.

Moi — Je l’aime, tu sais. C’est pour cela que je veux comprendre.

Elle — Je te fais confiance, ma nénette adorée. J’ai juste peur que l’estime et l’amour que tu lui portes soient diminués. Tu ne le connais pas depuis aussi longtemps que moi – et tu sais déjà à quel point il est attentionné, tendre et honnête. Il l’a toujours été avec toi et moi ; il n’y a que la dude qui ne soit pas de cet avis.

Moi — Un chose est certaine : l’amour que je te porte à toi sort grandi de cette conversation.

Elle — Shit ! Tu me fais encore brailler, traitresse !

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