Épisode 70

Lui — (Il soupire.) Je suis tellement bien, allongé tout contre toi en cuillère… je ne demande rien d’autre à la vie.

Moi — « Post coitum omne animal triste est sive rustica pulli. »

Lui — Quoi ?

Moi — Après avoir baisé (comme des bêtes), tous les animaux sont tristes – sauf poussin nigaud.

Lui — Oui ! Je suis à ÇA de me mettre à pépier de bonheur.

(Je l’embrasse, puis caresse ses cheveux.)

Moi — Dois-je en déduire que le moment est mal choisi pour parler de Sylvie?

Lui — Aïe. Quelle douche froide.

Moi — Je n’ai pas suivi tes conseils et j’ai essayé de lui parler. J’ai ensuite tenté d’échanger avec elle par courriel.

Lui — Ce fut un succès ?

Moi — Je dirais que oui, dans la mesure où j’ai pu un peu mieux comprendre à qui j’avais affaire.

Lui — Et qu’est-ce que tu as compris?

Moi — Qu’elle n’est ni commode, ni agréable et qu’elle semble être prompte à porter des accusations graves en se basant sur des faits anodins. Elle n’a aucune idée de qui je suis, mais ça ne l’a pas empêché de m’insulter comme rarement je l’ai été dans ma vie. Bref : elle est vraiment antipathique.

Lui — Je sais que je me répète, mais je te t’avais prévenue.

Moi — Je sais, je sais… mais je devais savoir. Sylvie est ton ex et la mère de tes enfants, elle fait partie de ma vie. J’ai voulu comprendre pourquoi elle est si en colère, alors j’ai posé des questions à notre chérie au sujet de votre rencontre et de ta séparation.

Lui — Ok…

Moi — Si Sylvie a été odieuse envers moi, elle n’y est pas non plus allée de main morte en ce qui te concerne. Je comprends qu’elle se soit sentie trahie, compte tenu des circonstances de votre divorce, mais je ne comprends toujours pas pourquoi elle est si intensément en colère. Elle t’a même traité de zoophile… c’est assez renversant.

Lui — Ouais.

Moi — C’est pour ça que je voudrais que tu me parles d’elle. De ta vie avec elle avant ta séparation. Et aussi, tout le reste.

(Il soupire.)

Moi — Je ne veux pas te forcer à me raconter quoi que ce soit. Tu es libre de m’en parler ou non… mais je sens qu’il y a une part d’ombre en toi… quelque chose que je ne connais pas encore… et que je devrais connaître pour mieux t’aimer.

(Silence.)

Moi — Parce que je t’aime.

(Long silence. Il soupire encore.)

Lui — J’ai été en thérapie pendant deux ans suite à cette relation.

(Silence.)

Lui — Et pour être bien franc, je suis toujours en train de me reconstruire.

(Silence.)

Lui — Bon. Voilà ce qui est arrivé.

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