Épisode 160

(Blondine, vêtue d’une simple robe de chambre en ratine, rentre frigorifiée dans le chalet de Roxane.)

Blondine — ASTI QU’Y FAIT FRETTE ! Pourquoi Roxane a installé son spa aussi loin de la porte ?

Moi — Pour que notre chair soit mortifiée et qu’on puisse expier tous les péchés qu’on y a fait.

Blondine — Une minute de marche dans la neige, mouillée et à poil, à trente sous zéro… je viens de le gagner en querisse, mon ciel.

Moi — Viens me rejoindre sous la couette, je vais te réchauffer. Mon thé est encore brûlant…

(Elle enlève sa robe de chambre humide et toute grelottante, vient se blottir contre moi, sur le sofa.)

Blondine — Ouf ! Tu es toute chaude… ça fait du bien !

Moi — Qui était encore dans le spa ?

Blondine — Roxane, qui s’est mise à faire des cochonneries avec Elle… et Troy qui a décidé de l’imiter avec Lui. Je me suis dit que c’était plus poli de m’éclipser. Et Ousmane ?

Ousmane — (De l’autre bout du chalet.) Je suis dans la cuisine !

Moi — Il nous prépare un en-cas.

Blondine — Yes ! J’ai une faim de louve. Et toi ? Toujours en train de lire l’autobiographie de la bonne sœur qui se dévergonde ?

Moi — Oui. J’ai presque fini. Ça m’a d’ailleurs rappelé que tu m’as dit que tu as fait tout ton secondaire à Saint-Jo… il y avait encore des religieuse à ton époque, non ? Rassure-moi un peu, ma chérie ; dis-moi que tu n’as jamais subi de mauvais traitements…

Blondine — Oh Anne, si tu savais ! J’étais une élève modèle, mais ça ne m’empêchait pas d’être continuellement punie. On m’a donnée la fessée plus souvent qu’à mon tour, mais ce que je détestais le plus, c’était de me faire envoyer au bureau de la Mère Supérieure, parce qu’elle m’obligeait toujours à lécher sa fente.

Moi — QUOI ?

Blondine — Bah oui, elle me forçait à me mettre à genoux et à ramper sous sa robe noire. Laisse-moi te dire que c’était sombre et qu’on étouffait de chaleur là-dessous, il fallait se fier à son nez et se guider à l’odeur, si tu vois ce que je veux dire… ensuite, je devais lui brouter la moquette jusqu’à ce qu’elle jute comme une pêche trop molle. Ça prenait toujours au moins vingt minutes… qu’est-ce qu’elle était peine-à-jouir, cette vieille peau.

Moi — Tu… tu me niaises, là ?

Blondine — Je n’étais pas la seule, on finissait toutes par y passer. Quand elles voulaient vraiment nous humilier, elles nous faisaient manger à la cafétéria. Là, je te jure, on dégustait – pas la bouffe de la cafétéria, non, mais la surprise au thon de la cantinière. Elle ne se lavait pas souvent, celle-là, et sa plotte était si fripée qu’elle ressemblait à une patate qui serait restée trop longtemps dans le garde-manger. Et je ne te parle pas de l’odeur… quand elle nous l’écrasait au visage, c’était comme si elle nous giflait avec la torchon qui avait servi à éponger le carrelage des chiottes.

Moi — Ha ha ha. Quand je pense que je t’ai cru un bon vingt secondes.

Blondine — En tout cas, je sais quel effet ça fait de faire minette à une momie.

Moi — Ça m’apprendra à m’inquiéter de tes traumatismes d’enfance, la comique.

Blondine — Tu devrais les remercier, mes traumatismes d’enfance. Grâce à eux, je vais pouvoir te gougnotter sans faire de chichis quand tu seras une vieille dame indigne, même si ta noune devient sèche, poussiéreuse et encombrée de toiles d’araignées.

Moi — Ouache !

Blondine — Permettez-moi, chère dame, avec tout le respect que je dois à une ainée, de faire vriller ma langue sur votre abricot fendu.

Moi — Pas question, obsédée !

Blondine — Allez, laisse-moi en profiter pendant qu’il est encore frais et juteux !

Moi — (Je l’embrasse et glisse ma main entre ses cuisses encore froides.) J’ai une meilleure idée : commençons plutôt par toi : j’adore les fruits congelés.

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