Épisode 177

From: Anne Archet <anne@archet.net>
To: Blondine <les.malheurs.de.blondine@gmail.com>
Subject: Re : Re : Re : Re : Re : Je veux tout savoir de toi

[…]

La balle est dans ton camp ! Raconte-moi un épisode graveleux de ta jeunesse…

Anne x x x

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From: Blondine <les.malheurs.de.blondine@gmail.com>
To: Anne Archet <anne@archet.net>
Subject: Re : Re : Re : Re : Re : Re : Je veux tout savoir de toi

Amour,

Il a fallu que j’aille vérifier le sens du mot « graveleux » sur gougueule… tu as encore l’âme pédagogique, à ce que je vois. Voici donc du graveleux, du bien gras – avec une couche supplémentaire de sordide.

Je devais avoir quoi… dix-neuf ans ? Je discutais avec une fille depuis quelques semaines sur Facebook et nous avions convenu que j’allais la rencontrer chez elle pour un verre et plus si affinités.

Quand le soir S du jour J est arrivé (c’était un vendredi V, si ma mémoire est correcte), j’étais si nerveuse que j’ai bu un peu avant de me présenter à son appartement. Une fois sur place, j’ai tout de suite su que je m’étais embarquée dans une histoire invraisemblable. Quand elle m’a ouvert la porte vêtue d’un déshabillé probablement acheté chez Tigre Géant, une étrange odeur m’a immédiatement assaillie. C’était celle de tous les animaux qu’elle gardait chez elle dans des cages qui étaient empilées jusqu’au plafond : des hamsters, des furets, des lapins des cochons d’inde. Nous sommes passées au salon et elle a ouvert une bouteille de vin – que j’ai presque toute bue à moi toute seule. On a bavardé pendant un bout de temps, on s’est embrassées, on s’est caressées… et soudainement, un dude est sorti de sa chambre. Elle avait un chum – ce qu’elle ne m’avait jamais dit – et j’ai compris qu’ils m’avaient invitée pour un trip à trois. Or moi, ça ne m’intéressait pas du tout et je leur ai fait clairement comprendre. J’ai voulu partir, mais quand je me suis levée, j’étais si saoule que l’appartement tournait autour de moi.

Il a donc bien fallu que je me rassoie pour attendre que ça passe. C’est alors qu’ils m’ont demandé s’ils pouvaient baiser devant moi… je leur ai répondu « whatev » et ils se sont tout de suite foutus à poil pour se mettre à forniquer en levrette sur le sofa, directement sous mon nez. La vue de toutes ces chairs humides grouillantes et ballotantes, ajoutées à l’alcool et la forte odeur de pisse des animaux de compagnie… c’était trop pour moi. Ça m’a donné un mal de mer terrible et une envie irrépressible de vomir ma vie. Je me suis levée, ça tournait encore… et j’ai dégueulé sur la moquette comme un sprinkler de jardinage, tout juste à côté d’eux. Je pense que son dude a même reçu un peu de splashback, parce qu’il s’est mis à gueuler comme un cochon d’inde qu’on égorge. Ensuite, je me suis effondrée sur le fauteuil et ce fut le blackout.

Le lendemain matin, j’avais le pire mal de tête de ma vie. La fille n’était plus là et son chum s’est essayé une dernière fois sur moi, de façon pas très subtile. J’ai pris mes cliques et mes claques, et j’ai déquerissé illico presto – et je te laisse imaginer à quel point le walk of shame a été pénible. Le lendemain, la fille m’a envoyé en paquet de bêtises par Messenger avant de me bloquer de Facebook.

C’est assez graveleux à ton goût, mon amour ?

Ta Blondine

P.S. : Raconte-moi un autre de tes souvenirs d’adolescence… mais cette fois, je veux moi aussi du graveleux !

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