Épisode 194

La serveuse — Bonsoir et bonne Saint-Valentin. Je m’appelle Josée et je serai votre serveuse pour la soirée. Aimeriez-vous quelque chose à boire ?

Moi — De l’eau pour moi.

Elle — Quelque chose de brun avec des bulles et de l’aspartame.

Lui — Nous allons prendre deux carafes de votre vin rouge maison.

Roxane — T’es sérieux, là ? Tu veux qu’on boive leur asti de piquette de buffet à volonté pour la Saint-Valentin ?

Lui — Euh…

Roxane — Tu dois avoir ça, toé, du vin de Français ?

La serveuse — Je vous apporte la carte tout de suite. En attendant vous pouvez aller vous servir.

Blondine — Du vin de Français, est-ce que c’est fait avec des Français fermentés ?

Troy — HA HA HA HA !

Moi — (En aparté.) Ce serait le fun que tu rappelles à Rox de ne pas gâcher notre soirée.

Elle — Arrête donc d’être scrogneugneu et aie un peu de fun, poussin grognon.

Moi — Pffff.

Ousmane — Est-ce qu’une de ces dames souhaite m’accompagner au buffet ? Le bar à salade me semble particulièrement tentant.

Roxane — J’va v’nir avec toé, Man. De même, je serai pas obligée d’écouter les remarques plates de madame chop suey.

Moi — Tiens, c’est la première fois que tu me sers une insulte raciste… dans un restaurant où on se sert soi-même des mets chinois… c’est quand même ironique.

Roxane — Ah pis ta yeule. Si la serveuse revient avec la carte, commande du bourgogne pour tout le monde. C’est moé qui paye. PARTY, ASTI !

Elle — Je viens avec vous !

Blondine — (En me caressant la joue.) Allez… souris un peu.

Troy — Ben oui, Anne… pourquoi tu fais cette tête ?

Moi — C’est Rox, elle me scie le gros nerf, je suis juste plus capable. J’aurais dû tenir mon bout et refuser net qu’elle nous accompagne au resto. Je me serais volontiers passé de métamour, ce soir.

Troy — Hey ! Je vais commencer à le prendre personnel…

Moi — Je ne parle pas de toi, voyons. Toi, tu es un cœur… le meilleur métamour au monde.

Lui — Tu as juste deux métamours et tu en déteste cinquante pourcent. On est loin de la note de passage.

Moi — Ce n’est pas que je la déteste… elle ne fait que me taper prodigieusement sur les rognons. Je ne crois pas que tu la portes toi non plus dans ton cœur, han.

Lui — Je fais des efforts… tu devrais en faire un peu, toi aussi.

Moi — C’est toujours à toi, à moi, à nous d’en faire. Jamais à elle. Tiens, regarde-la faire.

Lui — Où ça ?

Blondine — Je la vois… elle est devant le bar à pizza avec Elle.

Troy — Elles ont décidé de donner un show au bon peuple de Gatineau, à ce que je vois.

Moi — Vous savez bien que c’est l’idée de Rox d’agir comme ça.

Lui — Attend… elle a vraiment glissé sa main dans…

Moi — Oh oui. Et là, c’est la pelle du siècle.

Blondine — Si leur but est d’impressionner les clients, c’est réussi. Regarde le couple juste à côté…

Troy — Oh my goodness. Ils ont l’air scandalisés.

Moi — Je parie cinq dollars qu’on va voir des seins.

Lui — Non… elle n’osera pas…

Blondine — Ben oui. Elle a osé.

Troy — Un-fucking-believable. Les boobs à l’air dans un all-you-can-eat.

Ousmane — (Revenant avec son assiette.) Euh… vous avez vu ce qu’elles sont en train de faire ?

Moi — Oui. Comme le reste du restaurant. Et là, Rox lui a carrément mis la main au cul, sous son pantalon.

Blondine — Et Elle n’a plus l’air de trouver ça drôle. On dirait qu’Elle se débat…

Lui — Je vais aller leur dire d’arrêter ça tout de suite. (Il se lève de table.)

Troy — Attends, honey, je pense que le gérant t’a devancé.

Blondine — Oh-oh… ça sent le roussi.

Ousmane — Elles reviennent à la table avec lui…

Le gérant — Je vous demande de quitter immédiatement.

Roxane — Come on, dude, on faisait rien de mal.

Le gérant — Partez tout de suite, sinon j’appelle la police.

Roxane — Tu serais-tu homophobe, toé ? T’haïs les lesbiennes, c’est ça ?

Elle — (Les larmes aux yeux.) Je t’en prie… je veux partir.

Ousmane — On y va, monsieur. On ne veut pas faire de scandale.

Roxane — Si on avait été un couple hétéro, vous nous auriez laissé tranquilles, asti !

Le gérant — C’est mon dernier avertissement : partez tout de suite.

Blondine — Viens Oussy, on part.

Roxane — Fuck you ! On a autant le droit d’être ici que toutes ces astis de citoyens à marde-là !

Moi — (Je prends Elle par le bras.) On vous suit.

Le gérant — Bon. J’appelle la police.

Troy — (Prenant celui de Lui.) Let’s get out of here, babe.

(En sortant du restaurant, j’entends encore Rox s’époumoner contre l’oppression hétérosexiste.)

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