Épisode 312

(Devant l’ordinateur portable de Maël, je termine mon verre de vin au même moment que mon texte.)

Moi — Voilà, j’ai fini.

Blondine — Je vous l’avais dit qu’elle était up to the challenge.

Maël — Fais-nous la lecture !

Moi — Ok. Ça s’intitule Bill 101.

Iel s’appelait Maël, avait les seins hauts perchés et la taille gracieuse et avait quitté Baie-Saint-Paul pour s’exiler à Gatineau avec sa galette et son petit pot de beurre pour prendre soin de sa mère-grand souffrante d’Alzheimer et de rhumatismes aigus. Un soir où iel avait décidé de s’aventurer dans ces terres inconnues situées sur l’autre rive de la rivière des Outaouais, iel rencontra au Royal Oak Pub son grand méchant loup en la personne de William McTavish the third, graduate student rouquin et écossais du Sprott School of Business de Carleton University. Ce fut le coup de foudre : il l’initia aux joies subtiles du cookie dipping à l’afternoune tea du Zoe’s Lounge du Château Laurier, iel lui fit découvrir tous les charmes de sa langue, si bien qu’iel se retrouva quelques mois plus tard, lawfully wedded, dans un superbe cottage du Glebe, à couler des jours heureux, bilingues et biculturels avec son SUV, ses jumelles Jane et Mary, son carlin Nancy, son hubby dearest et, every other Saturday, les nombreux poker buddies qui s’agglutinaient dans son rumpus room pour avoir a jolly good evening with the boys.

C’était d’ailleurs un de ces fameux samedis où, exceptionnellement, les cartes avaient été délaissées au profit de délassements plus physiques. Penché contre le cadre de la porte, un single malt on the rocks à la main, Bill contemplait la scène en souriant. Maël, son better half, était couché sur le dos au sommet d’un monticule d’oreillers, les cuisses wide open et la tête renversée vers l’arrière, prêt à recevoir la queue longue et mince de Steve dans son cul.

De chaque côté d’iel, Mark et Andrew tétaient langoureusement chacun de ses seins, tout en relevant ses genoux bien relevés pour faciliter le ass fuck, tandis que les doigts de Trevor dessinaient des cercles et de savantes arabesques sur sa chatte. Le visage de Maël était écarlate et luisant se sueur ; de la bouche ouverte, crispée, sortait une série de cris en staccato, entrecoupés de hoquets étouffés. Autour du lit, une dizaine d’Ottawans nus zieutaient la scène et attendaient sagement leur tour en se polissant nonchalamment la trique et en échangeant propos grivois et limericks de circonstance. Commença alors une vigoureuse Saint-Georges, comme disent les Anglais : Steve gémit, égrenant le chapelet habituel fait de « Oh God ! », de « Jesus » et de « Fuck yeah », accéléra la cadence en enfonçant ses ongles dans la chair tendre de Maël pendant que ses trois old chums pinçaient les tétons et lissaient le clito du pauvre enculé qui, les yeux révulsés, ne savait plus à quel saint anglican se vouer.

Maël fut frappé par l’orgasme lorsque Steve retira sa bite ramollie et gluante de son a-hole. Retenu fermement par Mark et Andrew,  iel se tordit de plaisir avant d’aller over the top, le dos voûté, dans une longue plainte hululante. Iel s’effondra ensuite, entraînant avec iel ses camarades de jeu pour former un tas informe de chair collante et repue.

Bill déposa son verre, s’approcha puis dégagea de son doigt les cheveux humides du front de Maël. «Happy birthday», lui susurra-t-il à l’oreille. «Thanks, sweetie. This is the best surprise party ever » lui répondit-iel en souriant.

« Pee break », annonça Maël après avoir repris son souffle. Les corps amoncelés sur la couette se déplacèrent à contrecœur pour lui permettre de se glisser hors du lit. Après s’être relevée de peine et de misère, elle tituba, cheveux en bataille et traits tirés, tâtonna à l’aveuglette pour retrouver ses lunettes, les poussa du doigt sur son nez, puis attrapa son hubby par la manche de son cardigan. « Come with ? » lui demanda-t-iel en trottinant hors de la chambre. Ce qu’il fit, en regardant son joli cul balancer avec grâce jusqu’aux toilettes.

Assis sur la cuvette, Maël sourit à la vue de son Anglo chéri.

— Wow! C’était le fun! dit-iel. Je n’arrive pas à croire que tu aies réussi à organiser ça. Je me sens comme si je m’étais fait baiser une centaine de fois !

What did you say ? demanda Bill, perplexe.

I said that I feel like I have been fucked a hundred times, traduisit-iel comme à l’habitude.

— Well… Il ne avoir no more que un dozen de amis ici… répondit laborieusement Bill dans son franglais approximatif.

— Ça m’a paru beaucoup plus, dit Maël en tirant sur le rouleau de toilet paper. J’ai du sperme séché des cuisses au menton, ma mâchoire est douloureuse, mes lèvres endolories et my ass is raw as hell.

Poor thing, murmura Bill. Tu dois être fatiguée… en avoir more than enough

Maël l’attrapa par la ceinture et fit glisser la fermeture de sa braguette.

— Bah… Tu sais, au Québec, on a l’habitude de se faire fourrer à répétition par des Anglais, dit-iel, malicieux, en lui sortant le pecker du boxer brief.

Say what ?

Nothing. I just said that you will be my Bill one-o-one, répondit-iel avant de l’agacer avec sa langue.

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