Épisode 320

Tout est calme dans le demi sous-sol. Liam est avec Ousmane, Lou est chez sa mère et la licorne est au lit, lovée dans les bras de Blondine.

Blondine — Avec ces histoires de nouveau variant… Tu crois qu’on pourra fêter le nouvel an, cette année?

Moi — Who cares. Chaque année qui se présente est pire que la précédente, alors je ne vois pas ce qu’il y a à fêter.

Blondine — Tu avais pourtant célébré l’arrivée de 2020 avec faste et magnificence…

Moi — Avoir su, han…

Blondine — Le futur n’est plus ce qu’il était, c’est bien triste… je ne m’attendais pas à passer mon congé de maternité confinée dans ma maison et faire mon retour au travail tout aussi confinée dans ma maison.

Moi — Si tu veux mon avis, le futur n’a jamais été radieux. Ça fait des décennies que les climatologues nous disent qu’on fonce tout droit vers la catastrophe. Si ça se trouve, le futur que nous avons est exactement celui qu’on nous a promis.

Blondine — Je parle du futur dont on me parlait quand j’étais petite.

Moi — Quand tu étais petite, les climatologues nous disaient qu’on fonçait tout droit vers la catastrophe. Je le sais — j’étais là. Je suis plus vielle que toi, je te rappelle.

Blondine — Je me rappelle surtout qu’on me promettait plein de gadgets ultra-cool.

Moi — Comme des voitures volantes ?

Blondine — Oui. Mais aussi des sextoys incroyablement sophistiqués.

Moi — On te promettait des sextoys sophistiqués quand tu étais petite?

Blondine — Moins petite, disons.

Moi — Ok, je suis curieuse. Raconte.

Blondine — On m’a promis qu’en 2021, il y aurait des sextoys si technologiquement avancés qu’ils auraient des tas d’appendices et de fonctions préprogrammées : léchage du point G, doigtage du trou du cul, enfilage tranquille ou brutal avec dix-huit vitesses de va-et-vient, pression modérée ou immodérée sur le clitoris, éjaculation à débit réglable, diffusion de gros mots (avec un répertoire de plus de mille obscénités), changement de température, de texture, d’odeur et tout le tintouin.

Moi — Il me semble que tout ça est raisonnable et compatible avec l’état actuel de la technologie.

Blondine — Attend, je n’ai pas fini. Ces sextoys étaient aussi censés d’être capables d’apprendre, de mémoriser nos préférences en matière de rythmes et de positions, de tenir un journal de nos ébats avec des statistiques qui nous permettraient de savoir, par exemple, que le jour de l’an, l’orgasme a été un poil plus bref mais de 31% plus intense que la nuit de Festivus. On verrait comme ça comment on progresse sur le long et tortueux chemin qui mène à l’orgasme parfait.

Moi — Ok, un peu plus complexe, mais encore là, pleinement réalisable, selon moi.

Blondine — Sauf que ces super-dildos devaient également être munis de petites chenilles pour se déplacer de manière autonome, comme les robots qui vont sur Mars. Qu’ils s’occuperaient des enfants le jour, pendant qu’on travaille. Qu’ils nous prépareraient des petits plats vegan le soir, quand on n’a pas le temps de cuisiner. Oh! Ils nous raconteraient des histoires cochonnes avant de nous endormir. Et aussi ils seraient dotés d’un programme de reconnaissance vocale, de sorte qu’ils viendraient tous seuls nous baiser à l’appel de leur nom.

Moi — Euh… Es-tu en train de me traiter de super-dildo ?

Blondine — (En mettant son nez dans mon cou.) C’est ma façon de te dire que je t’aime.

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